poème sur la timidité

Quelle est pudique, la goutte de rosée,
Qui tous les soirs au creux des fourrés,
Perle et scintille d'éclats mauves et rosés,
De sa robe mouillée, en silence feutré.

Inondant les vertes vallées de fraicheur,
La voici qui à l'aube discrète, se meurt.
Elle se dérobe aux regards mais au loin;
L'air l'attendrait par-delà le calme matin.

Lorsqu'elle glisse sur l'herbe complice,
Près du sol qui toujours désire l'embrasser,
La goutte reflète la beauté et les vices,
Le décor qui autour, n'a de cesse de danser.

Quelle est timide, cette goutte de rosée,
Sur les majestueuses fougères elle née.
Si subtile, que même Dame araignée,
Tisse sa toile sans ne jamais, la croiser.

Et moi, tu vois, je suis larme de rosée,
Je me cache et toujours je me tais.
Ô Tout près des jolis bois tamisés,
Au soleil je suis ombre. Ou la prude beauté.