Je t'écris ces mots Grand-père,
Pour te parler un peu de moi.
Cela t'étonnes mais, cette lettre
Ne devrait-être lue que par toi. 

Te donner quelques nouvelles,
De mes nuits pleines d'espoirs;
Je rêve souvent à la vie belle
Que certains ont, sans le vouloir. 

J'ai dans le fond de mes poches
Des coques vides de noix...
M'attendent encore sous le porche
Un prince et mes trois chats. 

Vois-tu, je suis tante à présent,
Je les mène chemin faisant

Dans mes histoires d'antan
Sans même quitter leurs divans !

Je suis l'artiste drôle et solitaire,
Égayant les jours pluvieux...
Qui, retiré dans sa tanière,
Vit aux sons des cors douloureux.

As-tu remarqué, Grand-père,
Je garde mon visage d'enfant.
Et mes nombreux anniversaires,

N'ôtent pas mon âme d'enfant. 

Je tiens toujours dans une main
La plume qui ne cesse d'écrire...
Mais il ne vient jamais le matin
Ou ma prose oserait les séduire...

Ô mais qu'importe, Grand-père !
Je connais ma raison sur la terre :

Celle de rendre les miens heureux
Loin de leurs avenirs malheureux !

Je saute, je danse et je chante,
Créant des mondes fabuleux !
Colorés de bonbons et de menthe,
Les méchants ont les yeux bleus.

Ô 

Je t'écris ces mots Grand-père,
Moi qui ne parle jamais de moi.
Et s'ils sont certes, un peu lunaires,
Je sais qu'ils montent jusqu'à toi.

 

 

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poète