poesie corbeau

Il est des souvenirs qui me reviennent
C
omme le temps ou j'habitais, ma vie.
De cette demeure de charme, ancienne,
Aux bibelots près des photos, jaunies.

Dans les vastes couloirs de ma peine,
Y survivent des regrets monstrueux.
Ils errent, ils souffrent et ils se déchaînent
Lorsque je franchis leur seuil, malheureux.

Et le beau freu dans son habit de ténèbres,
Vint se poser là, dans son plus bel alibi...
Il parcourait la pièce, couverte de poussières,
De son regard jugeant les contours de l'abri.


"T'y complais-tu ?" Murmurait-il le ton austère.
"Je regrette mais, oui, répondis-je, sinçère.
Je me plais dans les paysages noyés de brumes,
Si épaisses que des herbes y poussent brunes."

Comme l'avenir vit dans un sablier, de verre...
L'oiseau se dresse orgueilleux de nos affinités.
Il survole les allées de ma maison sur terre
Ou passent parfois de longs et beaux étés.

Et nul besoin des lumières de l'aurore !
Pour descendre plus bas, encore.
La cave déborde de robes fleuries
Autrefois portées dans les matins jolis...

L'animal flottait indiscret,
Il vit mes ombres, mes passages secrets,

Il ouvrait la trappe sur un jardin clos,
Y nichaient d'aussi fiers et grands corbeaux.
Sur l'arbre observant au-delà des plaines, 
Ces royaumes étendus gouvernés par des reines.

Mais, il y a les esprits à la fenêtre du grenier !
Ils m'épient et se moquent, ils sont prisonniers !
Les vents, ils sèment leurs fous rires glacants,
Au dehors, ils convolent avec l'air transparent.

La nuit tombait, le corbeau eut grande faim;
Il se repaît à mes soupirs nostalgiques.
De m'étendre sur le sol face au dôme sans fin,
Je ne voyais plus mon foyer, magnifique.

Sentir dans le désert, en ses cailloux, de la grâce,
Les étoiles s'allier dans un ciel qui se ment;
Des clairs-obscurs que le soleil offre puis menace,
Les festins dont les fruits deviennent ornements.

Derrière les buissons : Un chat noir et blanc;
Les corvidés arrachent les vers de mon âme...
"Suis-je morte", sereine dans une tombe de sang,

"Je te donne ce que tu me réclames."

Il est des souvenirs qui me reviennent
C
omme le temps ou j'habitais, ma vie;
De cette demeure de charme, ancienne,
Aux bibelots près des photos, jaunies.

Dans les vastes couloirs de ma peine,
Ils s'invitent, les passés monstrueux !
Ils croissent, ils volent et ils m'étreignent,
Lorsque je franchis leur seuil malheureux...